Hier soir, bien mal fichue d'une soirée mal arrosée, j'ai entrepris la zapette de certains mails dans ma boîte, remontant ainsi jusqu'en 2007. Temps plus heureux ou pas, je ne sais pas. A l'époque je divorçais, et pour me garder une contenance et occulter tous les frais reliés à ces douleurs, je m'étais éprise d'un ancien camarade de Cegep. Tout Don Juan qu'il était, sa galanterie, ses baises - mains , ses regards chauds, et des sous-entendus, j'étais devenue immobile dans des filets plus pernicieux que ceux que je cherchais à éviter. Il est maintenant clair à mon esprit que nous nous protégeons en faisant de la projection sur l'autre, on transfère, on mélange, on excuse, en pointant du doigt la brindille de l'Autre, la poutre qui nous obstrue la vue.
Je relisais donc des mails, et tous les conflits émotionnels que j'avais causé car je refusais d'avouer la chose , de la crier, de l'assumer, de donner le pouvoir à l'autre gigolo de me jeter. Ce qu'il fit naturellement, car l'amour, ça transpire. Et il a eu trop raison. Il avait compris bien avant moi que les jeux de séduction restent des jeux, et moi, qui étais une épave de morve et de sel contenues, je voyais ma vie passer dans les égouts. C'est con de rencontrer les gens au mauvais moment.
Pauvre mec, je l'ai dérouté par moquerie, je le méprisai un peu quand il avait des moments de bonheur sans moi. J'étais jalouse. Pourquooooooi pas moi, que je me disais. Et ces mensonges blancs et ces finauderies pour me l'attacher, quelle bête je fais. Maintenant je vois clair dans mon propre jeu et je n'en suis pas fière.
Ainsi, je le voyais comme un pourfendeur de torts sociaux, et je voulais qu'il me défende, qu'il me protège, qu'il me prenne dans ses gros bras et qu'il me rassure, qu'il me dise quelques mots doux, qu'il partage mon oreiller. Je voulais qu'il soit quelqu'un qu'il n'était pas , et ça, je ne le voyais même pas. Comme je voulais tant qu'il m'adopte, j'étais prête à renier tout et son contraire. Estime de soi pourrie, quand tu nous tiens. Mais comment aimer quand on ne s'aime pas...
Et après qu'il m'eut lâché pour une autre histoire d'amour tragique, je me suis morfondue pendant des mois, à tenter les retrouvailles, à méticuleusement tenter de me l'amadouer. Peine perdue, je n'étais rien à ses yeux. Et avant de comprendre que ses yeux indifférents ne faisaient pas de moi une merde, que plein d'autres yeux pouvaient me donner le souffle de la vie, j'étais vidée.
Et avant cela, celui d'avec qui nous avions divorcé, c'était aussi un gamin mal aimé.
J'ai pu enfin comprendre que les patterns sont des patterns, qu'on aime pour être aimé. Aimer, pas de problème. Être aimé, pas de problème. Mais les deux en même temps, on dirait que dans cette vie, je n'aurai pas la chance d'être servie.
Alors voilà. C'est un blogue. Je me tais et je commence. Je ne suis pas ce que je dis, je ne fais pas ce que je suis, je suis mon propre miroir déformant.
Rick, si tu lis ça, saches seulement que j'aurais fait la carpette pour toi, et merci de l'avoir refusé.
lundi 9 septembre 2013
vendredi 15 février 2013
Le ciel gris me bouffait la pêche en petites bouchées . Tranquillement je me sentais envahie d'une grande lassitude, dont la taille rivalisait avec la masse de travail qui m'attend, toujours, jour après jour. Je me suis surprise à penser qu'un de ces petits matins, j'aurai une envie de folie furieuse, de départs lointains ou de cachettes secrètes. Ce faisant, je pensais à des gens, que j'aimais, certains du plus profond de mes boyaux, qui l'auront toujours ignoré, car ils ignorent pas mal plus que mon amour invisible et silencieux, je pensais à ceux qui m'ont enlevé un bout de coeur pour le mettre aux enchères, et dont personne ne voulait, comme un tabouret auquel il manque une patte, une bicylette à la roue crevée, le petit laid aux lunettes jamais choisi dans l'équipe de soccer, la vilaine moche qui reste sur le banc pendant les slows. Celle qui a toujours la cage ouverte pour mieux se faire piétiner les coucous, celle-là je ne peux plus la blairer.
La pathétique et la lamentable, deux jumelles astreignantes, ces menteuses mythomanes, je les exècre et aussi je les vénère car sans elles je ne trouverais pas la force d'en rire.
Je pensais comme ça à des gens qui font leur vie sans que ne leur manque mon image dans le portrait de leurs aventures. Comme ils sont manquants dans les miennes. Je suis la roue qui tourne dans ma tête, une alvéole dans la ruche rushante. je suis un spaghetti bolognèse qu'on offre à des affamés végétariens.
Je suis tout et je ne suis rien. Etre la dernière volonté d'un condamné à mort, juste que quelqu'un à un moment réalise que ce qui le retenait et le tenait c'était le souvenir que je l'ai aimé.
La pathétique et la lamentable, deux jumelles astreignantes, ces menteuses mythomanes, je les exècre et aussi je les vénère car sans elles je ne trouverais pas la force d'en rire.
Je pensais comme ça à des gens qui font leur vie sans que ne leur manque mon image dans le portrait de leurs aventures. Comme ils sont manquants dans les miennes. Je suis la roue qui tourne dans ma tête, une alvéole dans la ruche rushante. je suis un spaghetti bolognèse qu'on offre à des affamés végétariens.
Je suis tout et je ne suis rien. Etre la dernière volonté d'un condamné à mort, juste que quelqu'un à un moment réalise que ce qui le retenait et le tenait c'était le souvenir que je l'ai aimé.
jeudi 22 novembre 2012
Marina et moi.
Elle est beaucoup plus grande que je ne le pensais, Marina. Et je suis plus petite que je ne le pensais. Et je suis une plus grande personne qu'on ne le pensait. Même que je dirais que je suis l'illustration type du proverbial "Dans les petits pots les bons onguents".
Tiens. Ce sera ma dose de self indulgence, d'auto-congratulation, un pep-talk bétonné, l'assomption totale de moi-mâigne en matin d'hiver, un vendredi dans la très belle ville de Mourial.
La déchetterie: kill the babies.
Laura McKibbon, ma collègue de Vancouver avec qui j'ai passé tout le mois d'août m'a appris une expression que je me suis empressée d'informer Jean-Noël, mon collègue français dont je vous ai parlé l'autre jour. "Sometimes, you've gotta kill your babies".
Quand j'avais 13 ans, mes seins étaient déjà gros.
"GAÏA THE 13TH"
Ce dimanche. en plus de célébrer l'excellente fête de la Ste-Catherine, vieille fille et artiste à ses heurts, vous pourrez avoir une belle pensée pour moi, car cela fera 13 ans que nous ouvriions les portes de la galerie.
Je vous dispense d'un rappel historique, qui quand comment et pourquoi, ce serait fastidieux.
Toutefois, deux trois trucs semblent ressortir plus que les autres: tenir une boutique, c'est un job à temps plein. Tenir un atelier , c'est un job a temps plein. Faire une carrière en création de métier d'art, ici la céramique, c'est un job à temps plein. Algèbrement parlant, 1+1+1= 3. ajouter la variable x, ce n'est que donner (1+1+1)X= 3X.
voilà. Je ne suis pas au bout du rouleau à pâte mais je suis drôlement débordée. J'aimerai deux choses, au moment où on se parle: ne plus rater l,apostrophe quand j'écris au clavier ou mélanger l'accent et la fl
Dans les années qui ont passées, j'ai eu le plaisir de rencontrer plein de gens, tous les étudiants qui viennent semaine après semaine apprendre notre monde, ça fait chaud au coeur. Je le vois bien que les esprits sont plus aguérris depuis l'ouverture il y a 13 ans. On ne demande plus si la couleur part au lavage ou si on fait des choses toxiques . ( ce qui serait tellement vain...)
Nous n'avons, à ce jour, eu aucun article dans les journaux, les magazines, mais si les médias nous boudent , on ne leur en veut pas. Ils vont où ça crie le plus fort, et nous on est une force tranquille. Un roc, on est comme nos objets, faits pour durer et résister à l'usure du temps, un régal d'archéologues.
J'ai eu plein de colocs, des bons et des moins bons, des qui sont allés faire leur vie, des qui ont changé carrément de vie, des qui sont partis fâchés, des qui ont appris, des qui ont oublié. J'ai eu des stagiaires de France, qui était motivé et qui était en vacances, qui restent encore mes potes et me font l'honneur de me donner de leurs nouvelles. J'ai évolué dans ces années, ma prod a changé cent fois, j'aime chercher je m'ennuie, mais je suis aussi comme une abeille qui butine, je n'ai pas le temps de m'attarder sur toi, petite fleur car il y en a tant à butiner. J'ai pris aussi 15 kilos de soucis, j'ai aimé, divorcé, pleuré, perdu, j'ai eu le cancer avec ma mère, je suis devenue orpheline de pater, trop de gens sont morts stupidement pendant ces années, trop de mal pour si peu de bonheurs , mais il a un nom mon bonheur, tandis que les malheurs sont enterrés. Mon Léon, le jumeau de Gaïa, lui aussi a grandi, il aura 13 ans lui aussi, et qui sait où cette folle aventure me mènera. Merci à ma Maman, qui a la patience de ne pas me gifler quand mes fils se touchent.
Merci à tous ces gens qui illuminent ma vie, soit par leur présence soit par leur souvenir. Je grandis ( et grossis haha!) à l'ombre d'un vase fleuri.
Ce dimanche. en plus de célébrer l'excellente fête de la Ste-Catherine, vieille fille et artiste à ses heurts, vous pourrez avoir une belle pensée pour moi, car cela fera 13 ans que nous ouvriions les portes de la galerie.
Je vous dispense d'un rappel historique, qui quand comment et pourquoi, ce serait fastidieux.
Toutefois, deux trois trucs semblent ressortir plus que les autres: tenir une boutique, c'est un job à temps plein. Tenir un atelier , c'est un job a temps plein. Faire une carrière en création de métier d'art, ici la céramique, c'est un job à temps plein. Algèbrement parlant, 1+1+1= 3. ajouter la variable x, ce n'est que donner (1+1+1)X= 3X.
voilà. Je ne suis pas au bout du rouleau à pâte mais je suis drôlement débordée. J'aimerai deux choses, au moment où on se parle: ne plus rater l,apostrophe quand j'écris au clavier ou mélanger l'accent et la fl
Dans les années qui ont passées, j'ai eu le plaisir de rencontrer plein de gens, tous les étudiants qui viennent semaine après semaine apprendre notre monde, ça fait chaud au coeur. Je le vois bien que les esprits sont plus aguérris depuis l'ouverture il y a 13 ans. On ne demande plus si la couleur part au lavage ou si on fait des choses toxiques . ( ce qui serait tellement vain...)
Nous n'avons, à ce jour, eu aucun article dans les journaux, les magazines, mais si les médias nous boudent , on ne leur en veut pas. Ils vont où ça crie le plus fort, et nous on est une force tranquille. Un roc, on est comme nos objets, faits pour durer et résister à l'usure du temps, un régal d'archéologues.
J'ai eu plein de colocs, des bons et des moins bons, des qui sont allés faire leur vie, des qui ont changé carrément de vie, des qui sont partis fâchés, des qui ont appris, des qui ont oublié. J'ai eu des stagiaires de France, qui était motivé et qui était en vacances, qui restent encore mes potes et me font l'honneur de me donner de leurs nouvelles. J'ai évolué dans ces années, ma prod a changé cent fois, j'aime chercher je m'ennuie, mais je suis aussi comme une abeille qui butine, je n'ai pas le temps de m'attarder sur toi, petite fleur car il y en a tant à butiner. J'ai pris aussi 15 kilos de soucis, j'ai aimé, divorcé, pleuré, perdu, j'ai eu le cancer avec ma mère, je suis devenue orpheline de pater, trop de gens sont morts stupidement pendant ces années, trop de mal pour si peu de bonheurs , mais il a un nom mon bonheur, tandis que les malheurs sont enterrés. Mon Léon, le jumeau de Gaïa, lui aussi a grandi, il aura 13 ans lui aussi, et qui sait où cette folle aventure me mènera. Merci à ma Maman, qui a la patience de ne pas me gifler quand mes fils se touchent.
Merci à tous ces gens qui illuminent ma vie, soit par leur présence soit par leur souvenir. Je grandis ( et grossis haha!) à l'ombre d'un vase fleuri.
jeudi 19 juillet 2012
mercredi 13 juin 2012
de retour chez soi
L'exposition de Bandol est revenuepar bateau à la fin de mai. Nous avons choisi de la refaire ici chez nous à Montréal. C'est pas parce que c'est chez nous mais c'est magnifique, même plus que là-bas. Sauf qu'ici presque personne ne vient la voir. Et c'est vraiment cela qui me désole le plus. Travailler pour montrer et il n'y a pas de yeux pour voir.
mardi 8 mai 2012
En mémoire
mercredi 25 avril 2012
de retour chez soi
Nous sommes partis à 11 exposer à Bandol au cours du Printemps des Potiers, manif très hip du sud de la France. J'ai envie de tout raconter l'aventure, mais elle rivalise avec l'Iliade en longueur. Comme j'y travaille depuis au moins trois ans, tout à coup, je me sens un peu vidée, lasse, sans projet, esseulée, inutile, avec mes trophées et mes claques dans le dos. En bref, une délégation québécoise fit office , magistrale, de pays invité à l'exposition au Centre culturel Ravaisou de Bandol. Pays invité. Déjà , juste avec ce mot je suis émue. Et de l'image du caribou, de Davy Croquette, des hivers blancs et interminables comme des mariages arrangés, on est apparus comme des bêtes de travail, ponctuels, organisés, fiables, créatifs, willings, bloods, toujours partants pour un apéro ou un déchargement. On ne se connaissait pas dans l'intimité, on a vécu un sur l'autre pendant deux semaines. Veillant les uns sur les autres, qui malade, qui perdu, qui packté, qui ému, qui diva, qui va là. J'ai connu des âmes fragiles mais si fortes, des portions généreuses d'humanité, un respect exponentiel de l'expression artistique, perso, authentique, primale. J,ai aimé voir mes collègues se mêler, entreprendre de nouvelles relations, ouvrir leurs fenêtres, tisser de longs manteaux avec d'autres qu'eux, j'ai adoré partager cette image que je voyais depuis 5 ans, sans explications enfin, je veux dire, quand je revenais, toute seule, de ces voyages expositoires, j'étais incapable de traduire ce que j'y trouvais. Maintenant 10 de plus le connaissent, ce sentiment d'implosion vertigineux qui nous prend quand on réalise qu'il y a quelque chose en dehors de nous qui nous attend et nous happera. Je suis tellement reconnaissante que j'en chialerais devant mon clavier, à toute l'équipe du Printemps, à mes collègues devenus famille, et à ceux qui ont cru au projet, Et à moi, à mon acharnement quasi canin , pour une fois, ça m'aura servi.
vendredi 2 mars 2012
mardi 31 janvier 2012
Interior design Show de Toronto IDS




Invitée par le Bureau d'exportation du Québec à Toronto, je suis allée présenter mon travail au IDS, International Design show. Une mission d'une dizaine de designers et artistes. Kino Guérin, Éric Tardif, Non-Useless, Lambert-Marcous, SixpointUn, Atelier des Cent ans. Une belle gang.
Beaucoup de monde, plus de 500 cartes d'affaires distribuées.
A la soirée d'ouverture, des talons vertigineux, des faux-ongles, des robes sexy et beaucoup de parfums de cash et de fleurs capiteux, et enfin, of course, du botox.
Ce qu'il y a de surprenant à Toronto, ce sont les communautés ethniques, qui ne le sont plus après deux ou trois générations. On parle d'unions mixtes, beaucoup de couples sino-caucasiens, avec des enfants tellements beaux, que je me dis que c'est la meilleure chose qui pouvait arriver à la société. On dirait que les groupes sont plus hermétiques chez nous.
Mopn travail a plu, des images ont été filmées pour une émission du matin à CTV, une entrevue radiophonique sur Radio-Canada le samedi matin, des rencontres avec des collègues qui pourraient faire des petits projets. Bref, du beau fun. Mais le béton, asti que c'est dur pour les gambettes. jeudi 15 décembre 2011
mercredi 7 septembre 2011
le Chat au Barroux.
J'avais écrit un beau texte que je pensais pouvoir seulement copier vu que mon accès au cyber espace est limité. En fin de compte, je mets les images. Ça résume mieux. C'est ma new maison. Petite mais à moi.
Le samedi 3 septembre on a fait une balade à la déchetterie. Épique.
Jean-Noel avait décidé de virer tout plein de merdes car cela l'encombrait. Et il avait ce jour là décidé d'abandonner l'idée d'être Artissss.
Moi je fais des beaux cacas subventionnés. J'aimerai bien avoir un déclic mais comme je lui ai dit, si sagement, on ne peut danser plus vite que le violon.
dimanche 21 août 2011
5 jours. Papillon.
Il n'ya pas de limite à nos rêves, sauf quand ils se mettent à vouloir se réaliser. Alors tout à coup on, je suis timide devant l'aboutissement de mon au-delà, comme quand on souhaite ardemment quelque chose et que cela se produit. La seule et unique raison pour laquelle j'avais embrassé ce métier de céramiste c'était pour y faire de la sculpture. Mon grand regret c'est de ne pas être née dans un environnement qui m'eût été favorable artistiquement: Rome ou Florence, ou même juste Valence. Barcelone, Paris, quelque chose où la sculpture et l'art de ne seraient pas des parements vides et stériles comme cette foutue révolution de l'art conceptuel, grosse merde institutionnalisée, de ces installations masturbatoires exigües, on se farcit la tête de mauvais clinquant, de fausse recherche, de pauvres remises en question. L'art est devenu individuel, ce qui est une tragédie, car il est là pour représenter une cosmogonie entendue par le groupe, pas une élucubration sans points ni virgule de quelques dandys provoquants. Quand, dans toutes les constructions qui se font autour de nous, avons-nous eu le plaisir et la joie de nous émerveiller devant quelque chose qui nous ressemble et nous assemble, au lieu de ces mauvaises places aux lampadaires dizang, de ces suspensions de papier fripé, de ces barbelés peints en rose pour nous leurrer dans notre propre prison.
Je suis enfin arrivée au bout de mon voyage; comme Ulysse, j'ai usé mon cul et des mains pendant plus de dix ans à tenter de rentrer chez moi, accusant chaque recul en silence, chaque écueuil comme une corde à mettre sur mon luth. Mais quand je serai là, dans mon village de l'amour, devant ma destinée, me reconnaîtra-t-elle? Saura-t-elle que je suis venue, pour elle, enfin, pour nous, qu'on se love et qu'on se déteste, je sais qu'elle me fera pleurer, que je douterai, que je regretterai, que j'avancerai malgré les tessons de verres qui me rompent les os, mais je m'allongerai tout de même à coté d'elle, en attendant qu'elle me souffle dans le creux de mon oreille que le temps n'y est pour rien, que l'illumination n'est pas une course, mais un but. Ma destinée, ah! est-elle trompeuse ou taquine? Que sait-elle de moi, ou moi d'elle? Je prends l'avion vendredi prochain, pour aller voir de quoi mes tripes sont vraiment composées, chez quelqu'un devant qui je dois rester solide, car les ogres sont partout, et ils dévorent sans discernement. Je pars pour un mois me mettre les pendules à l'heure. Je sais qu'en revenant, rien ne sera jamais plus pareil, du moins je le crois et je l'espère.
vendredi 17 juin 2011
Quand les 3 grâces bossent...
L'été c'est le moment où la plupart des gens se promènent et vivent leur éco-système. Moi, j'épuise mon corps à suer larmes de sang et de sel dans l'atelier où règne une chaleur de 38C. On se promène avec le ventilo comme un soluté sur un stand, on se frise le toupet à coup d'humidité. On fait les pièces pour les expos, on avance toute notre vie sur un coup de cuillère à pot, on attend d'être bénis du ciel.
On est heureuses avec Marianne et Diane, la stagiaire de France. On travaille on jase on travaille. D'ailleurs je vous les présente

.
samedi 9 avril 2011
J'ai nommé l'anémone.
Oui! enfin le renouveau se pointe le bout du nez. Des mégas changements dans notre vie professionnelle.
Je réalise qu'il y a des tas de gens gentils autour de moi qui me couvrent de sollicitude et de généreuse amitié. Ça me fait du bien mais des fois je ne suis pas certaine que c'est vrai encore.
Alors, pour illustrer ce contient d'émotions contenues depuis des mois, pour revenir aux sources, celles de l'eau, des profondeurs des abymes sous-marines, j'ai
élu l'anémone ma nouvelle amie. Elle se présente en plein de couleurs, de formes variées. C'est hallucinant, ce que la nature fait. Quelques fois, la fiction se met à vouloir l'imiter et en bout de course, elle n'y accède que du bout de l'âme.

élu l'anémone ma nouvelle amie. Elle se présente en plein de couleurs, de formes variées. C'est hallucinant, ce que la nature fait. Quelques fois, la fiction se met à vouloir l'imiter et en bout de course, elle n'y accède que du bout de l'âme.

jeudi 31 mars 2011
Quand on est bi...
Gaia, atelier, boutique, galerie, école et cage dorée, vit de très grands changements. Notamment celui de son orientation commerciale. Oui, l'art croît, mais pas toujours dans le sens du tiroir-caisse.
Sans expo solo pour un mois, on joue donc au magasin. J'en profite même pour mettre les seconds choix et les fins de série...
Venez donc voir...
samedi 5 mars 2011
Ma nouvelle fille, Marianne, offre une chance extraordinaire de manger du sucre d'érable, des bines à l'érable, des saucisses dans le sirop, des oreilles de criss, de la tire ( s'il peut arrêter de pleuvoir). Méchant prétexte pour venir voir le fruit de son travail, elle se questionne sur les outcome de la colonisation, et de son effet sur le monde céramique.En fait, bêtement, je vous leurre dans ce piège calorifique, mais il est plus certain que les objets présentés sont faits avec la conviction d'une jeune allumée. Ça fait vraiment plaisir à voir .
JUSQU'AU 27 MARS 2011, sauf la bouffe.
samedi 26 février 2011
Ah! Tu verras, tu verras...
Il m'est difficile d'expliquer pourquoi je suis tenaillée par le doute. Parfois. Il me déroute, m'emboute, me met à bout, je suis déboutée par ce doute. Est il vrai ? J'en viens parfois à douter de mon doute, ou même que j'ai pu douté d'avoir douté. Tant et si bien que je ne doute plus parce que je réalise qu'il n'y a pas qu'une réalité, mais autant de rêves que de rêveurs. Le doute, c'est quand on se met à penser qu'on vit et que c'est sérieux. Qu'on n'est pas là que pour rêver. Alors que en réalité il faut être sur ce mode. Puisqu'il nous faut toute une vie pour apprendre à vivre, il faut sans cesse foncer vers nos chimères, les embrasser et les égorger, tendres Gorgones qui nous ont fait voyager. Car dès qu'on les atteint, elles deviennent vraies et cherchent à nous enchaîner avec leur chevelure des serpents. En y succombant on laisse les lianes de nos instincts reptiliens emmêler nos pas, et nous finissons par ramper à recherche d'un coin tranquille sous le soleil.
Grands Dieux, Saint-Manitou du Calvaire, je suis une lionne quand je sors de chez moi, mais je suis lovée dans mon canapé le soir, rêvant moi aussi de ma roche chaude. Bashung me déchire aussi le coeur quand il me rappelle qu'un jour je ne parlerais plus. Ne sourirais plus, ne serais plus. Alors à quoi me servirais-je de ma vie pour attendre ma mort?
Peut-être que le doute, c'est seulement quand on a le temps de penser, avec recul, et puis quelques fois, on finit par se tanner de notre chimère. On décide qu'on divorce d'avec elle, et on se dit qu'on a perdu plein de temps, et on lui reproche d'être une chimère.
Le doute qu'on redoute, c'est celui qu'on n'écoute pas, qu'on musèle, jouant à celui qui parie le tout pour le tout. Parce que celui-là est plus une vision qu'autre chose. Parce que le doute-vision , double vue inversée, s'avère seulement quand il est trop tard. Alors on dit:"Ah! Je le savais!". Ça ne sert à rien. C'est un don stupide et vain. J'atteste.

Je doute un peu de l'efficacité de l'énergie que je déployerai pour aller m'exposer en France le mois prochain, avec ma mission impossible de caser le Québec dans l'agenda du Printemps des Potiers. Quelle est la plus grande difficulté que j'ai à rencontrer à ce sujet? L'enthousiasme de mes semblables collègues, qui préfèrent encore manger des nouilles ramen que de rédiger un dossier qui pourrait les amener loin. Je suis déçue. Mais je ne lâche pas car je suis chienne et chienne je ne lâcherai pas mon os.
Grands Dieux, Saint-Manitou du Calvaire, je suis une lionne quand je sors de chez moi, mais je suis lovée dans mon canapé le soir, rêvant moi aussi de ma roche chaude. Bashung me déchire aussi le coeur quand il me rappelle qu'un jour je ne parlerais plus. Ne sourirais plus, ne serais plus. Alors à quoi me servirais-je de ma vie pour attendre ma mort?
Peut-être que le doute, c'est seulement quand on a le temps de penser, avec recul, et puis quelques fois, on finit par se tanner de notre chimère. On décide qu'on divorce d'avec elle, et on se dit qu'on a perdu plein de temps, et on lui reproche d'être une chimère.
Le doute qu'on redoute, c'est celui qu'on n'écoute pas, qu'on musèle, jouant à celui qui parie le tout pour le tout. Parce que celui-là est plus une vision qu'autre chose. Parce que le doute-vision , double vue inversée, s'avère seulement quand il est trop tard. Alors on dit:"Ah! Je le savais!". Ça ne sert à rien. C'est un don stupide et vain. J'atteste.
Et sur une haute note, la suite de ma vie:

Je doute un peu de l'efficacité de l'énergie que je déployerai pour aller m'exposer en France le mois prochain, avec ma mission impossible de caser le Québec dans l'agenda du Printemps des Potiers. Quelle est la plus grande difficulté que j'ai à rencontrer à ce sujet? L'enthousiasme de mes semblables collègues, qui préfèrent encore manger des nouilles ramen que de rédiger un dossier qui pourrait les amener loin. Je suis déçue. Mais je ne lâche pas car je suis chienne et chienne je ne lâcherai pas mon os.
jeudi 3 février 2011
En février, faîtes bonne impression!
Chez Gaïa, du 10 de février au 6 de mars, nous présentons le boulot de céramistes qui utilisent l'impression comme moyen de décor: sérigraphie, monotype, décalcos. Le thème culminera avec une expo solo de Marianne Chenard, notre nouvelle recrue, du 10 au 29 mars.
Qui feront bonne impression:
Jasna Sokolovic, prix Winnifred Shantz 2010
Catherine Auriol, prix France-Québec Professionnels 2010
Marianne Chenard
Diane Sullivan
Jacinthe Brind'Amour
Marc Savard
Laura McKibbon
Jasna Sokolovic
Diane Sullivan
Marc Savard
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