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vendredi 3 décembre 2010

Toronto, part two.

Nous voici à l'aube de notre 8eme journée au festival de la poussette.
Tout va pour le mieux, on compte les heures qui nous séparent de notre remise de peine. Les ventes sont tranquilles mais stables. L'année prochaine se promet d'en être toute une.
On a épuré notre kiosque , ça donne aussi l'impression que ça sort. Hier on a eu encore une folle, on les appelle comme ça les femmes qui délirent devant le stand et repartent avec plein de gros morceaux. Elles-mêmes le disent: I am crazy, I am crazy about your work, I am crazy. On les croit sur parole. Il y en a une qui est revenue en courant l'autre jour, survoltée de sa décision d'en commander encore plus. On aime ces crazy Torontoises.

Autrement notre château en haut d'une tour est assez attachant. On y est bien.

mardi 30 novembre 2010

Toronto, ville reine.
















Nous y voilà donc au fameux One of a Kind. environ 900 exposants, pas mal de monde quoi. Beaucoup d'exceptionnels travaux, beaucoup de cochonneries, beaucoup de monde qui achètent n'importe quoi, mais toujours , toujours le rouleau de biscuits sablés, les confitures et les sauces piquantes pour les saucisses. (On se demande quand même à chaque fois pourquoi quelqu'un voudrait débourser 15 dollars de stationnement, 12 dollars de frais d'entrée, pour aller acheter des confitures. )





Je vous présente donc mon stand 2010, in your face, comme on dit ici. La prochaine étape c'est de perfectionner la deuxième couleur pour l'année prochaine.
Nous avons loué un petit nid dans un gros immeuble méga urbain de 40 étages. ona une vue extraordinaire su la ville, l'aéroport , les avions qui décollent et qui atterissent, la tour du CN, le Skydome, le lac Ontario. C'est bien beau, comme New York, ça donne vraiment l'impression d'être ailleurs. Comme Claude Dubois qui chantait le Blues du Business man, nous on a le Blues de l'artiste, des fois...










vendredi 30 juillet 2010

Mi temps pour la cavalcade





Voilà maintenant dix jours que nous transportons notre plumard en Provence. J'avais ambitionné sur mes capacités à tenir un récit rigoureux de nos aventures. Hélas c'était sans compter sur ma paresse, les connections intershnout et autres aléas qui, finalement, me rappellent doucement que ce sont des vacances, et que à la structure nul n'est tenu.


Toutefois, je vous vais faire un mini résumé de la situation au front.

Ste Croix du Verdon, monument aux morts.

le19 juillet
Arrivées en un morceau à Aix, nous fûmes cueillites par le pote Jérôme, donc, et prîmes la route de Ste-Croix du Verdon. Une bière devant le lac majesteux, un jet lag qui s'oublie peu à peu.

Puis, en route vers Moustiers où nous perdîmes définitivement tout repère chronologique. La fin de la soirée est vaporeuse à mon esprit, aussi je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.



La suite s'avère moins croustillante: lézarder au soleil, dormir et manger.

Les 20 et 21 juillet

Jour de marché à Riez: pélérinage obligatoire dans ce bain culturel et gastronomique.

Nous sommes ensuite, quelque part dans cet espace spatio-temporel, allées nous promener dans les alentours. Notamment à Aiguines, un petit village en face de chez nous, de l'autre coté du lac. S'y trouve un château assez chouette, avec des tuiles de ceramique colorées, et un charmant mini cimetière avec plein de fleurs et de décos de stèles en céeramique. Du Capo di Monte funéraire! Et naturellement, en touristes fraîchement débarquées, on flippe sur la grosseur des plants de lavande. Et des cèdres et des platanes, de la chaleur et des fleurs, et de la chaleur.

Ze Château à Aiguines aux quatre tourelles
capo di monte funéraire
Puis, nous avons testé nos genoux dans la vertigineuse descente au Lac de Ste-Croix, en réservant notre chauffeur de quad pour la remontée. Car le père de Jérôme, René, est, en plus d'un paysan vintage, un fermier hors pair, le roi de la salade et un ado incorrigible. Chaque balade sur ce puissant moteur muni de roues lui procure une sensation de vive satisfaction, et il pense même en faire son nouveau métier après la retraite, question de se garder jeune et de reluquer de façon serviable les belles touristes qui s'aventurent dans le ravin.

Le soir nous mangeons, Jérôme, Rodrigue et nous deux, Thelma et Louise ( soft) dans le Jardin, à Moustiers, délectable et coûteux repas sous la tonnelle. La fin m'échappe un peu moins que le soir de notre arrivée, mais le reveil est plus brutal. Les digestifs, poire, prune ont cette fâcheuse habitude de rester en suspens.

le 23 juillet

C'est l'anniversaire de René, on mange l'aiolli le midi avec des Belges. Grande Poule trouve que le mec, originaire de Flandres, sort direct d'un épisode de Saturnin le canard : Bôônnjourrr monsieur le faktor!

Il faut dire que nous avons établi une règle très claire quand à nos activités: pas trop vite et une par jour. Il ne faut pas se brûler. Déjà que la petite poule se tiraille avec une sorte d'allergie urticante qui lui cause beaucoup de soucis. Les mois de bagne qui auront précédé notre cavale finiront par avoir raison de sa santé. Mais pas assez pour se priver du gigantesque plaisir d'assister à l'ultime représentation du Cirque CANCY, présenté à Riez.
Malheureusement, pas de tigres, de cavalerie, de singes et de caniches en vélo, pas d'ours en équilibre sur un verre d'eau.
Je pense que cette sortie vaut quelques descriptions. En fait on apprécie souvent post mortem ce genre de spectacle à grand déploiement.
En résumé il y avait dans la troupe 6 artistes:
1. le père, qui faisait office de MC, de dompteur d'animaux, dresseur de cheval, de bique et de lama cotonneux, d'acrobate et de comique,

2. le grand-père, du moins on le présume, au nombre de dents qui n'ornaient plus sa bouche, qui faisait un clown satisfaisant dans sa pocheté, le cheveu gras étalé sur le petit crâne, et un sketch avec une flûte qui me restera collé dans la mémoire.
3. la Madame, on ne sait pas encore si c'est la mère ou la tante ou bedon la soeur , mais elle était fantastique: elle changeait de costumes aussi vite que l'éclair, servait de porte-chaise, d'installeuse de tapis et préparation diverse de la scène, acrobate, trapéziste et bien sûr , meneuse de claque.
Son collant opaque couleur chair était rapiécé, ses muscles un peu mous ne l'assuraient pas nécéssairement d'une bonne maîtrise de la barre, mais sans blague les enfants, elle nous faisait le pont et se relevait et nous disait :Voilààààà!
C'était désolant de médiocrité.

4. les enfants: eh oui comme le veut la légende, tous les performers de la troupe sont d'une manière ou d'une autre liés par le sang. On pense à ce jour que les fillettes, 3 et 6 ans, sont issues d'une relation pas tout à fait réglo entre le dompteur souriant et la vendeuse de pop-corn. Tous avaient les mêmes yeux bleus, très beaux d'ailleurs. Les mioches nous ont servis quelques pas de danse, deux trois trucs d'acrobate avec le papa, du genre que je fais avec le mien, prendre les pieds, tirer et virer. Désolant, vous dis-je. Et le numéro de cerceaux à la taille, le hoola hoop, m'a brûlé les yeux.

5. la tata: de nulle part nous arrive une grande blonde aux yeux de famille qui nous fera un numéro d'équilibriste à couper le souffle. Debout sur un gros ballon, elle enfilera d'une rapidité fulgurante le cerceau, un tour de lasso en tournant sur elle même, la brassière bien en évidence sous le juste au corps élimé. Et sa copine qui avait...non sans farce j'arrête, personne ne me croira.
On se serait dit dans un mauvais film des années 50, pendant la guerre, où les acteurs du cirque auraient liquidé les animaux un à un, qui en sandwich, qui en brochette, qui en tapis.
Par bonheur on avait dégoté une amie qui avait une gamine, on a eu l'air moins con avec les 15 autres gniochons sous le chapiteau.

Manger à Puimoisson et dodo.














la suite viendra bien assez vite...














lundi 22 mars 2010

Dorothy avant Deschamps...









Enfin de l'action

DOROTHY DESCHAMPS





Ma copine Dorothy a enfin accepté de sortir de son atelier et de présenter son travail. Nous sommes très fiers de jouer avec notre nouvelle camarade.

Il n'y a pas grand chose à dire pour le moment, à part que ça fait trois quatre cuissons qu'on fait ensemble au raku et que franchement, c'est fantastique.
Au vernissage du 25 mars 17 heures, on devrait pouvoir mettre plus de viande autour de l'os.
Pour voir plus de son travail allez sur son blog: dorothydeschamps.com


dimanche 21 février 2010

[Préambule: Aperçu du Mood de la Madame.
Tiens, si je m'écoutais, là, en ce moment, je ferai un ti-caca de nez nerveux juste parce que ma toute récente lecture d'un autre blog ce matin, a soulevé le tapis d'une affaire sous lequel se cache des silences maladroits et amers. Il y a des gens qui sont pas toujours honnêtes et qui , par un tour de force dont je ne maîtrise pas l'art, réussissent à pelleter leur ignominie dans la cour des autres, trop tatas pour s'en rendre compte sur le coup. Ça me démange grave d'en parler plus, mais la voix de mon placide feu papa résonne dans mon crâne débile, qui me répète "cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage". Genre: respire, fais le tour du jardin, relis, reprends, avale, ne jamais attaquer de front... Qu'importe finalement que l'auteur du blog m'a fait de la peipeine, sans le vouloir, mais sans la reconnaître non plus. Qu'importe, le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con, on est con. Qu'importe rien du tout.]

( Tiens, ça va mieux.)


SPORTS D'HIVER, EXPOS DIVERS

Jusqu'au 28 février, Exposition Erotique au MMAQ. Je vous en ai parlé déjà. Vlà un kodak ou deux des plats.





D'abord vous avez saisi que pour ce thème érotique, je crois en avoir déjà causé, j'ai explosé les zicônes majeurs et quasi clichés, Marie Magdelana, épouse de Jésus, que j'ai de-pied-d'estalisés, en leur mettant une clope une bière et/ou ma face; l'autre Madonna, du pop celle-là, et qui, à 50 balais, défie les lois gravitationnelles, esthétiques et morales. Pis les concours de beauté à la gomme. L'éros est dans l'oeil de celui qui voit.
PART TWO
ST-JEAN SU' RICHELIEU
Dans ce bled, il y a le musée de la céramique. Avec un peu de moyens et d'effort, il pourrait devenir chouette. D'ailleurs, il y a volonté, puisqu'en plus de cette expo qui commence jeudi le 25 février "L'OBJET DU RAPPEL", il y aura un grand marché de potiers cet été. Auquel je ne participerai pas, vu mon absence du pays tout l'été. Eh oui.
Cette exposition invitait les artistes à visiter les collections du Musée, les réserves, et de ré-interpréter certaines pièces, couleurs, formes, idées, que sais-je. Ma caméra s'étant projetée hors de mes mains sur l'asphalte, je ne suis pas en mesure de vous montrer ma participation. Ça va suivre, ne pleurez plus.
PART III
Cabane à soupe
Le 14 mars, à St-Hilaire, chez José Drouin, c'est la Cabane à soupe: on invite les gens à venir déguster de nombreuses soupes maison, dans des beaux bols faits main. Pour 20 piastres, vous êtes nourris et affublés d'une nouvelle pièce, et les sous récoltés vont directo au Club des Petits Déjeuners. Ya pas photo calvaire, c'est tout le temps les démunis qui aident les plus démunis qu'eux. Maybe parce qu'ils savent c'est quoi faire kekchose avec peu.
PART IV
Péter de la broue
Oui, ça m'arrive. Mais c'est même pas pour moi.
Alors les enfants, attachez votre liesse, gardez-la pour plus tard, on va en avoir besoin, plus tard on détachera la liasse.
On a fait appel à moi pour être Présidente du prochain encan du Musée des Maîtres et Artisans. C'est le 27 Mai, ça va déchirer, il y a des oeuvres fantastiques, une soirée explosive sous forme de cocktail dînatoire ( mon idée...).
Consultez, je vous prie, le site : encan-du-mmaq.com.
Vos paupières sont lourdes et chaudes. Vos paupières sont lourdes et chaudes. Vos paupières sont lourdes et chaudes. Vos paupières sont lourdes et chaudes. Vous êtes complètement sous mon contrôle. Achetez des billets pour l'encan, donnez des lots, faites un don.

Bon dimanche.

lundi 18 janvier 2010

Retour vers le futur

Lundi matin, reality check. One, Two, One , Two.
Balade avec Gaspard, puis Hop! au torching en règle de la shoppe Gaia. La session de cours reprend ce soir. C'est complet, ou presque dans tous les groupes, sauf le mien, car ce sont les anciens. Et des fois, ils font autre chose que de la poterie. Je les comprends. Quand t'es pas né avec une cuillère en porcelaine dans la gueule, que t'as pas de la bouette dans les veines, que ton univers se traduit autrement qu'en termes de transformation par le feu, c'est un peu normal de faire autre chose. Je les comprends, je les envie, et donc, je convoite la gravure, ou la calligraphie, en guise d'amusoir.
Mais zavant, que ne vous ais-je parlé de l'expo Erotique du Musée des Maîtres et Artisans du Qwuébec?
J'ai exploré les diverses icones qui marquent l'inconscient conscient des femmes, et des hommes.
D'abord, cette bonne vieille Marie-Madeleine, femme mal menée par l'histoire, une amoureuse érudite sauvagemment traînée dans la fiente des fantasmes contrôlants des hommes, et surtout de ceux qui en ont fait une sévère ennemie à leur potentat spirituel.
J'ai choisi la plus belle, celle de Da Vinci, Templier notoire s'il en est un.
et, une petite blague avec Jésus buvant une tite bière, car moi aussi je sais me trasher.





J'ai aussi trouvé une image d'un concours de beauté de l'Exposition de 1889, des petites madames toutes nues. ouf.

Si c'est pas vintage comme image d'objétifiction de la madame... Objetification. Mise en objet. J'aime leur corps aussi. Tellement ordinairement normales.









Ensuite, j'ai considéré celle qu'on appelle à fois la Madonna, et la Puta, l'icône par excellence des dernières décennies, nul besoin de trop la présenter.
C'est également devenu mon objectif 2010, chacun sachant que mon laisser-aller n'a d'égal que mon ambition dans la réappropriation de moi même, Madonna ou pas.






Quoiqu'il en soit, l'expo est cool, un collectif de femmes avec un homme plutôt vieux qui n'a pas eu envie d'être délicat ou introspectif. Même si la majorité des exposantes évitent le piège des clichés de l'érotisme par une démonstration explicite de ce qu'il représente pour elles ( et lui), on s'accorde pour dire que le questionnement est à peine effleuré dans la plupart des oeuvres exposées, et qu'il manque encore ce petit levier qui ferait passer les pièces de petites réflexions sans risque, à un statement assumé. Comme je m'ennuie dans mon monde.





samedi 26 décembre 2009

Jean-Pierre

Enfin. Cochons la case Nöel 2010. Ça, c'est fait.

Une autre aventure dans la dimension ultra sociale: le dîner de Nöel. Je suis maintenant officiellement devenue l'hôtesse du repas trad des Duchastel- Auriol-Vassaramva, au cours duquel, certaines traditions facilitent la bonne marche des évènements. Chacun a une charge. Voici comment ça s'est passé
1er service: Cric-cracs et champagne en apéro. Alexandra, ma cousine ainée de notre génération, que j'adore, cela va trop de soi tant elle est aimable, nous a préparé feuilles de vignes, olives de tout acabit, trempettes et cruditiés. Elle est psychologue et art thérapeute. Elle travaille avec acharnement et conviction, écrit des livres, enseigne à l'université, a les yeux vert tendre, un peu délavés, comme ceux de mon frère Patrick, grand absent s'il en est un.
Le champagne était certes plus vin mousseux, mais l'illusion est parfaite à midi. Et les enfants qui grandissent avaient leur flûte aussi, et c'était bon à voir. C'est mon oncle et parrain Yves, frère de ma mère, neurologue réputé, ainé de la famille, et héritier du titre de Baron Duchastel de Montrouge qui offrait la boisson. Du repas aussi. Il porte toujours un costard, élégant et contenu. Un des suspenses dans cette rencontre rodée au quart de tour est de compter le nombre de fois qu'il pleurera de bonheur et de joie. 2008 l'avait vu 5 ou 6 fois, grimacer dans son coin, riant à travers ses larmes.
Il y avait dans le salon tous ces gens du même sang, avec chacun un univers propre, des planètes qui gravitent sur leur propre axe, et ce moment d'étrange accord astral, il y a eu une moment de félicité. Je suis devenue aussi la nouvelle Mère Nöel, distribuant les paquets au gré de l'étiquette, en prenant soin de n'oublier personne. A chaque année on dit qu'on ne se fait pas de cadeau mais tout le monde triche. Quelques fois, il y en a un qui respecte l'entente et s'exclamera: mais j'ai rien moi, je me sens bien cheap!
C'est là qu'arriva le premier coup de théâtre: Michèle Lalonde, ma tante, ex-épouse de Yves, le neurologue, présente au dîner depuis les 4 dernières années, écrivaine de son état, notamment du célèbre Speak White, muséologue amateure, elle identifie les objets, rédige une petite note derrière, expliquant leur provenance, leur raison d'être encore là. Un patrimoine story. Elle est fantasque et géniale, avec tout se qui vient avec. Elle m'offre un cadeau. C'est le premier que j'ouvrirai. Une plaquette de bois ouvragé, une marquetterie de différentes essences d'une maisonnette canadienne sous la neige. Je plisse les sourcils car au bas, deux initiales: GA. Au même moment, ma mère, assise sur le canapé à coté de moi, s'écrit: Mon Dieu! Georges!
Toutes les fois que Michèle m' a dit qu'elle avait en sa possession une marquetterie que son père
avait acheté dans les années 60, et dont elle avait hérité me sont revenues en flash rapide. C'était mon père qui l'avait réalisée. Et là, à ce moment, Maman et moi avons tout de go chialé comme des Marie et Madeleine. Déjà un an et demi que Papa et mort. Alexandra, Michèle et Yves regardaient la scène la face crispée d'émotion, de connivence pour le coup d'éclat. Comme Ben Laden a dû se dire quand les tours sont tombées: Ayoye! ça fesse plus que je pensais!

Plus tard, dans la soirée, mon frère nous téléphone pour souhaiter à tous les voeux. Il me raconte que son fils Jesse lui a offert un disque, très bien, et qu'il a démonté une table d'échec que notre père avait confectionné en bois ouvragé, et le dessus en marquetterie, qui était déguinglandée et remisée à la cave, et l'avait toute restaurée. Deuxième coup de théâtre.
Sans blague, après, il me raconte qu'il a reçu une lettre d'une femme qui avait travaillé avec Papa il y a 20 ans, et qui avait acheté tous les meubles qu'il avait construit à l'époque qu'on était une famille. Il les avait vendus avant de repartir vivre en France, en 87. Cette dame vendait une de ses maisons et n'en avait plus l'usage. Je ne sais pas si elle voulait nous les revendre ou quoi, mais voilà que le même soir, ils réapparaissent avec les marquetteries. Je crois que le temps que tous ces éléments se mettent en branle jusqu'à la conjoncture de leur trajectoire coïncide avec le moment où l'on a fait graver son nom sur la stèle.

Après l'échange de cadeaux, c'était le temps du cadeau voleur. Tous avaient mis sous le sapin un paquet mystère. Au gré du hasard de pige de cartes à jouer, les paquets ont été l'objet d'une première sélection. Puis on les déballe et on reçoit trois cartes. Quand notre carte est sélectionnée, on peut voler ou garder le cadeau. Les caramels d'Hélène ont tournés pluieurs fois, c'était fort amusant. Et Laurent qui était satisfait de la qualité des offrandes. Hélène a mené une joute sévère avec Yves pour un dvd du film De père en flic, surtout vu qu'elle avait fait les caramels, elle ne les convoitait pas. A la fin elle a eu des biscuits qu'elle a troqué contre des planches à découper en bois, offerts par Michèle. Hélène est ma meilleure amie au monde entier de la vie. On se connait depuis 86. Elle est restauratrice d'un chaleureux et délicieux café sur Laurier est, près de St-Denis. Pas de plogue sur mon blog.
Laurent est le frère d'Alexandra, fils de Yves et Michèle. Manquait leur frère Morency, installé à Wakefield, médécin de son état. On duty.
Laurent est père de quatre enfants, séparé de sa grecque de femme, et Chloé, Phaidra, Ariadni et Ioannidis sont leur rejetons. Nous avons co-habité pendant 6 mois l'an dernier, et la tribu venait tous les week-ends. Il y a comme un lien vraiment fort qui nous unit.
Moi j'ai eu une mini peole à crêpe et une spatule et du nutella , lequel j'ai troqué contre un croquant au caramel avec Ariadni.

2eme service: Une fois les quatorze invités assis à la table, nous entamons les procédures. C'est la soupe à Mamie, tâche échue à Louise, ma digne mère. Avec des nouilles en étoile, des dés de carottes, et une rasade de sherry. Mamie, la vraie, c'est Yvette. 101 ans dans 6 mois. Petite bête émaciée recroquevillée dans son lit, attendant le prochain train. On pense souvent à elle tandis qu'on aspire le bouillon. On lève des verres à l'hôtesse, on se félicite d'être là. Puis le moment tant attendu est arrivé.

La sortie en société de Jean-Pierre, notre dindon 2009. L'an passé on a oublié son nom, mais on se rappelle avec bonheur Gladys, dinde 2007. Chaque année on choisit le volatile parmi cent dans le frigo, on le baptise, des fois sur le champ, des fois en cours de préparation. Seuls les résidents du Château savent les dessous de la transformation de Jean-Pierre , de gros poulet anonyme à Star d'un soir. D'abord, il était gelé quand on l'a eu. On l'a mis dans le congélo en se disant de le sortir deux jours plus tard pour qu'il revienne à la vie. Mardi, Léon, mon fils, et moi discutiâmes de notre agenda, puis il me rappella la triste bévue: Jean-Pierre! Il fallu pratiquer des manoeuvres complexes de ré-animation, calculer précisémment le dosage de sortie sur le comptoir, et tenter le tout pour le tout: une nuit seul dans le four éteint, à l'abri des crocs du chien. Il me fallu beaucoup de motivation pour me lever à 6h30 le lendemain matin de la veille de Noël pour enclancher les dernières étapes de la transformation. La farce, clémentine, amandes, foie, oignons céleri, nouilles, eh oui, des nouilles, préparée la veille, fut rapidement engouffrée par cette volaille vorace. Il était si gros que je craignais qu'il n'entrât dans la poêlonne. Mais on se serre les fesses, on rentre le ventre et le tour est joué. Jean Pierre entra vite en transe sous l'effet de la chaleur et je veillai sur lui, l'aspergeant toutes les demi-heures. IL sortit prendre une pause vers 11 heures, le temps qu'un gâteau au chocolat et noix de grenoble fasse son numéro.
3eme service: Bref, il a bien fallu bien sortir la bête de son corset. J'ai bien cru que le plat en inox de Michèle allait plier. Ou mon poignet. A ce moment il y eu un évènement à inscrire dan les annales de la famille. Le baron Yves demanda la parole et annonça qu'il passait ses pouvoirs de Baron de table à son fils ainé Laurent, lui octroyant du même coup la tâche de dépecer la bête. Un grand moment. Le temps passe aussi. On prit des photos pour faire comme dans les films, en applaudissant et en se pourléchant les babines. Une quantité astronomique de carottes et petits pois aux petits oignons, la meilleure purée de la décennie à cette table, faite par Jérôme, mon mari français en visite pour un mois. J'avais même fait la gelée de canneberges à la fleur d'oranger et au miel de lavande. De chez Jérôme.

4eme service: La salade. Simple. roquette, feuilles vertes , endives. Avec une vinaigrette de Jérôme. Parfait.

5eme service : Les fromages. Plein, plein de fromages, des entiers et des grosse tranches, bleu, camembert, chèvre, émmenthal. A ce moment, moi je n'en pouvais déjà plus. C'est Laurent qui amenit les fromages. Yvan, le fiancé d'Alexandra adoooore le fromage. Et ça plaît à Laurent de plaire aux gens. Il est comme ça. Gentil .

6eme service: les desserts: la bûche traditionnelle de Michèle, aux noisettes, avec du sirop d'érable chaud, de la bombe glacée aux fruits confits d'Alexandra, un gâteau au chocolat et noix, une maison en pain d'épices que les enfant ont confectionné, une salade d'oranges et clémentines aux amandes grillées et fleur d'oranger ( c'était mon thème 2009). Café, thé, digestifs.

La vaisselle en groupe, les enfants qui jouent avec leurs nouveaux jouets, les grands qui s'y mettent en jouant à Guitar Hero, ceux qui doivent partir pour aller dans un autre party, ceux qui reviennent d'un autre party. Une chouette soirée quoi. Qui a commencé il y a longtemps.

La dinde demeure, les convives passent.

mercredi 17 juin 2009

Une journée rurale.

JOUR DE TEMPS CHAUD

Il y a quelques jours déjà, nous sommes allées, avec les deux stagaires françaises,- paix ait leur âme, tant elles sont efficaces, autonomes, pleines d'initiative et de motivation palpable -, Anna et Bénédicte, connues aussi sous le nom de Nana et Béné, ainsi que la grande Dorothée, mon guru s'il en faut un, faire une journée de cuisson raku, Mode de cuisson japonais à la base, mais qui, comme les buffets chinois, a pris une tangente occidentale. Ne demeure pas grand chose d'une particularité de cette cérémonie du thé datant du XVeme siècle, mise au point par Mister Raku, lui-même. J'ai d'ailleurs eu l'honneur en 1998, en Italie au cours d'un symposium vainement prestigieux, d'en apercevoir le dernier descendant de la lignée, venu donner une confé avec diaporama, entouré de ses gardes du corps, tous en impers noirs, on aurait dit des mafieux de Shigaraki.



Cat et Dot préparent les pièces pour le four, chez André Lacroix.

Bref, pour votre culture yénérale, sachez que le technique consiste à cuire les pièces de céramique dans un four ( un baril tapissé de laine de Kaolin fera l'affaire) alimenté par un brûleur au gaz. On monte la température à plus de 1000 Celsius, et quand la glaçure semble fondue, et c'est là tout le talent du rakueur, on ouvre le four en pleine incandescence, on ramasse les pièces à l'aide de pinces, et on les dispose dans des bacs remplis de sciure de bois, ou bedon de déchirure de papier, de revue à potins, de paille, n'importe quoi qui brûlera et créera une réduction infernale, de la boucane puissance 25, et ce faisant, métalisera les oxydes contenus dans les glaçures, rendant le cuivre vert rouge comme un sous neuf, par exemple. Bref c'est rigolo, actif, dangereux pour les cils et les sourcils ( faut jouer le tout pout le tout), et les madames aiment ben ça.

Moi j'aime bien , comme on s'y attend sortir des sentiers battus, je laisse tomber les émaux aux effets faciles, et me projette dans l'exploration de rose mamie, de gris antique, de textures et du sable dans les tuyaux. Ça fait vieillot et j'adore. En passant, ma Mamie a eu 100 ans dimanche.








défournementenfumage

On y retourne la semaine prochaine pour finaliser les dernières bébelles pour le show de Toronto.

mercredi 15 avril 2009

Bandol 2009

Les organisateurs du marché des potiers de Bandol furent encore super sympa de m'inviter pour jouer avec eux cette année.

Il y fit tous les temps: un vent constant et pressant comme l'amour le samedi; les pièces caracolaient sur elles-mêmes, cliquetant sur leur présentoir. Par bonheur mon bonnet blanc blanc bonnet me tenait le cerveau au chaud. Une grippe colossale, fièvre, toux, gorge tapissée de papier sablé me servait d'alter ego. On dit qu'il faut boire beaucoup de liquide. Qu'à cela ne tienne, je me suis nourrie de cachetons herculéens, arrosés de vin et de bière.


Dimanche, le vent d'est soufflait force 7, ( sur 12), la pluie était menaçante comme une belle-mère. Nous n'avons donc pas monté les stands avant 13 heures; J'ai eu la joie de revoir ma première cliente, de 2007, qui m'a repris deux sculptures. Une pour mettre à l'appart de Paris, et l'autre pour Bandol; Ouais. J'adooore!

Lundi, la tête un peu dans les coux, je suis arrivée un peu tard au marché, et Pandi Panda, notre petit ourson de Chine, avait pris l'excellente initiative d'installer mes pièces. Il sait faire plaisir à ses futurs maîtres de stage!!! Son nom réel est Tom Grandi, il a 18 ans, fait ses études de décor au Lycée Léonard de Vinci d'Antibes, et promet beaucoup. Il fait monter les exigences de stage, avis aux suivants!!

Me voilà, une image de l'an dernier.
Ce sont sensiblement les mêmes pièces, les douanes et le transport auront eu raison de ma constante volonté de renouvellement. La prochaine fois, si on me ré-invite, je ferai les pièces en France.
On s'est cuit le cuir chevelu sous un soleil plombant. Pas trop de ventes mais en somme une belle journée. Du coup je suis blonde maintenant.
Le soir, le défilé des Peaux-Rouges devant le buffet de fin de marché était un régal. A défaut du reste. L'atmosphère était à la fête, mais on était tous morts.

Dès que je vendais une petit quelque chose, je me précipitais pour claquer les ronds aux stands de mes coups de coeur. Du coup, j'ai commis plus que je n'ai pu me délester, mais quel bonheur, quelle joie de pouvoir rentrer chez moi avec des merveilles dont l'image de leur créateur restera à jamais imprimée dans mon coeur.


Par exemple:
Une trilogie de plaques muralesde Carmen Ballarin, porcelainière d'Espagne,

une malade, elles font un millimètre, ses plaques.

Elle ne peut pas les sortir par grand vent... Du coup on ne les auras vues que lundi. Les bols sont comme une coquille d'oeuf, on pourrait les écraser dans une main, trop dangereux pour le voyage.

Elle est ma copine depuis l'an dernier, puisque nous avions parlé devant des tas de demis,
avec Ana, aussi céramiste espagnole, qui fait du mobilier en céramique, trop bien. Si je n'avais pas 5698 km à parcourir en avion, j'en aurais trois chez moi. A la fin de la soirée, je parlais couramment espagnol. Du moins, il me semblait! En tous cas, elles avaient l'air de bien comprendre.
Alors cette année, il n'était pas question que je reparte bredouille.
Et puis, une chope, offerte par et de Johannes Peters, alias Akim, un Allemand qui fait les interventions au cours des rencontres cette année, et expose aussi ses oeuvres dans la big expo.
Et une tasse soucoupe de Vincent Kempanaers, Belge.


Pour offrir.

Et un bol de Laurent Dufour, le déjanté de service. Et un bol cuit au bois et sel de Michael Saltzer, un grand très grand Allemand, qui est intervenu il y a déjà deux ans. et deux petites bouteilles de Christopher, un autre Allemand ( normal, c'est leur année).
Et une théière de Michel Cohen, mon coup de coeur 2009.
Je l'avais rencontré sur un marché en Italie, à Artimino, en 1998, quand j'étais venue faire un stage au début de ma "carrière"; le temps et la vie ont fait que nous n'avons pas pu donner suite à une visite dans son atelier. Il était en pièces détachées l'année dernière, à l'expo sur le porcelaine, sa douce fleur d'amour souffrant de la faucheuse du siècle. On ne s'était donc pas croisé sur la croisette.
Ce n'est pas ma pièce, mais une idée.

Et plein d'autres trucs que je montrerai plus tard.
(J'attend que mon kodak sèche, il a passé la nuit sous la pluie. Que je m'aime quand je suis conne comme ça.)


Quelques fois, le monsieur de Sauve il m'a dit, faut pas tout dire d'un coup. Sinon, ils ne reviennent pas, qu'il dit.


Je vous en reparlerai de ça aussi. Un jour.



mardi 23 septembre 2008

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