samedi 13 novembre 2010

Histoites de mon coin de terre Tome III

ELIZABETH GELINAS: ENTRE LE COEUR ET LA RAISON
EXPOSITION : QUI VA LÀ?

Les deux thèmes chéris de cette nouvelle artiste, qui présente chez nous sa première expo solo, sont la maison et la tête. Je me suis dit que la maison c'était le coeur, c'est où on se réfugie, où on est bien , en sécurité. La tête, c'est la raison, c'est notre célébrex célébré.
Dans le cas de Gélinas, les bustes sont affublés de petites têtelettes qui suggèrent à la fois la psychose, mais les petites voix qui nous mènent parfois, et pas toujours où on voudrait aller. Les maisons ressemblent à des ruches ou des troglodytes auto-portantes.
La particularité de son travail, en ce qui concerne mon intérêt, ce sont les revêtements de surface, symphonie d'oxydes, textures au jet de sable et ajout de mini touches de couleurs pour rehausser et mettre de la vie.
Elle appose ses finis et cuit, et recuit, et recuit encore, sa porcelaine, ses grès, sa faïence, jusqu'à ce qu'elle soit minimalement contente, car elle ne pourrait jamais être réellement satisfaite.
Son coté maniaque frise le maniérisme et la névrose, ce qui me plaît franchement.
Comme d'hab, ce qu'on présente chez Gaïa, c'est d'abord nous qu'on aime ça !!




samedi 6 novembre 2010

Histoires dans mon coin de terre TOME II

Quand les anges se font femme et potière
Marie-Ange Samon et la porcelaine tissée.








Cette semaine chez Gaïa était présenté le travail de Marie-Ange, une collègue d'une rare gentillesse, qui m'a séduite et prise en amitié dans les 49 secondes de notre première rencontre, qui remonte à l'automne 1996, alors que fraîchement émoulue de cette école de céramique, je errais entre deux pains de terre, trois spirales, quelques cuissons au gaz, et un vif plaisir à combiner le tout.



Marie-Ange était un peu plus vieille potière que moi, bien qu'elle accumulait quelques années de supp, ayant bourlingué comme j'aurais aimé le faire, vécu au Maroc, en Irlande, en Espagne, en Grèce, ayant fait la tisserande pendant longtemps. Cette vilaine manie qu'elle a de tisser des liens, ah lallala j'aimerai bien savoir le faire. Moi qui ne suis que l'ombre désagréable de mon moi désagréable, je me demande encore comment elle fait. Partout où elle va, elle est de bonne compagnie, son rire est contagieux. Mais faudrait pas penser qu'elle est abêtie de bonheur, no non non sir no m'am, non non, car son physique d'asperge coupée en deux sur le long, pour ne pas dire squelettique, traduit sess perpétuelles angoisses. La fuite, le délit de fuite qui nous habite, les mal-aimés, les pustuleux de l'abandon, les pestiférés de l'attachement, elle l'a un peu encore. Mais à 58 piges, elle canalise vachement bien. Et ça passe dans ce travail quasi obsessif compulsif, minutieux et patient.
Mais étonnemment, le résultant est tellement calme et serein. Cent fois sur le métier elle a mis son ouvrage. Et a habillé notre espace. Et tissé autour de nos coeurs des petites laines de réconfort.
Merci Marie-Ange



mardi 26 octobre 2010

DES HISTOIRES DANS MON COIN DE TERRE : TOME 1

UNINHIBITED MESSAGES



Elle a gagné le prestigieux prix Winnifred Shantz, elle fait des résidences partour, au Danemark, au Mexique, aux States. Elle est serbe, elle vit à Vancouver, elle est belle et tellement sweet. Elle s'appelle Jasna Sokolovic, son amoureux Noel O'Donnell, et ensemble ils ont concocté ces saynètes, pour le plaisir des yeux et des arts.


"why make me wait so long"


"lost at the lake"


Quand ils sont arrivés avec leur petite valise contenant toute l'expo, j'ai frémi. Car mes 500 pieds carrés demandaient de la présence. Et toute l'expo tenait dans une petite boîte.

L'adage connu a su trouver son illustration: dans les petits pots les bons onguents.



Stay calm and listen carefully"


"Jealous in my stomach"


"In my dreams"




Le fauteuil mesure maximum 2 pouces de hauteur. Mettez le tout à l'échelle. Vous voyez maintenant la petite boîte de l'expo?
J'aime trop.
Pour voir plus de leur monde, faîtes JASNART.COM et NOELODONNELL.COM.
Et je m'aime de les partager avec vous.

dimanche 3 octobre 2010

En souvenir d'un beau voyage


En mettant de l'ordre sur mon bureau, je retrouve la plus belle photo qui soit. C'est le témoignage le plus tendre, viscéral et beau d'amitié. Mon amie Poule, et moi, Poule, 25 ans d'amitié que rien ni personne ne pourra briser. Pas un pédé narcissique, pas un patron despotique, pas un chum possessif, pas une valise mal bouclée, pas une bouteille bouchonnée, pas un dimanche de pluie, ou un chien enragé, une fleur fanée, un tour de ville raté, un autobus bondé, un orage électrique ou un bébé perdu, non, rien ne nous séparera, car tout est vrai entre les quatre bras qui se tiennent, se protègent, se supportent, se caressent, se disent je t'aime ma Poule.

dimanche 12 septembre 2010

LE BONHEUR EST DANS LE PRÉ.

Hier, date fatidique et tristement célèbre, nous avons cassé les pieds, beaux, aux fourmis, en participant à la 8eme édition de Vente de Garage, chez José Drouin, à St-Hilaire. 14 collègues céramistes ont vendu à des prix dérisoires leurs pièces un peu amochées, leurs prototypes, leurs fins de lignes à des amateurs délirants, compulsifs et zheureux. Donnant-donnant, on se débarrasse de nos enfants malcommodes, et on se fait une tite piastre en passant. L'an dernier, la récolte fut plus faste, il y avait même Aurélia qui venait de débarquer la veille, mais il n'y avait pas dix millions de routes fermées pour des travaux.
une journée hors de la réalité, un pot-luck (en vérité c'est potlash, de l'amérindien) divin, du vin, hin hin, des gens super kali fraligistiquement chouettes.
Parait que pour le 10eme, on fera un méchoui. miam.

Le retour du grand tour.
Oui la session de cours reprendra ses droits sur nos vies dès le 20 septembre. La folie s'est emparée des gens, il nous faudrait inventer des soirs supplémentaires pour répondre à la demande. Mieux vaut un petit endroit plein qui refuse du monde qu'une cafétéria à moitié vide qui s'ennuie de ses murs.

lundi 23 août 2010

12 septembre 2010

En vérité je vous le dis, la mise à jour de ce blogue est une épine dans mon pied, beau, une épée de Damoclès irrémédiablement pendouillante au dessus de ma conscience techno-communicative. J'avais rédigé, avec moults commentaires hyper pointus et franchement réfléchis (pas comme maintenant), toute une dithyrambique lithaniesque critique de la Biennale de Vallauris, que nous visitâmes cet été, ( comme c'est déjà loin). Et par un mystère occulte du clavier galeux, tout fut perdu, ne perdure que l'ébauche banale . Mis des photos, touttttt l'affaire allait bon train et pfffffuiitt! Di-ss-pa-ru! Alors je ne m'étendrai pas plus longtemps sur cela.
Toutefois, je vous convie à aller visiter le site, via une recherche Biennale de céramique de Vallauris. Sais pas comment mettre un lien, alors faîîîites-le tu-seul.

26 août 2010
Quand la Poule part, la Poule pleure.

Il y a maintenant trois semaines que Poule est partie regagner sa vie, et moi je suis restée derrière, avec Poussinet et la Mère l'Oie.


On peut dire qu'on en a fait de la route et des visites. Je ne sais pas par où commencer, puisque le momentum est un peu figé dans le passé. Toutefois, comme l'a souligné un timide Nico à un jacuzzi party, le présent n'existe peut-être t-il pas, il n'y aurait que le passé et l'avenir, car le temps de le dire et c'est déjà passé. Cela m'a plu. Surtout à l'heure qu'il était.


Quelques zannées doctes.


Anecdote de mon anniversaire.

Eh oui, comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, j'ai eu encore 25 ans. Nous étions parties visiter la copine Aurélia, qui habite sur la Côte, au Beausset, près de Bandol.
On a mangé un midi avec mon ancien maître de stage de 1998, Pierre Dutertre, dont la renommée dans le monde céramique n'est plus à faire. Il organise depuis 1984, le célèbre Printemps des Potiers. Délectables rencontres entre gens délicieux.

La Biennale de Vallauris.

Nous visitâmes quelques villages, bûmes quelques bières ça et là. Le lendemain, visite à St-Paul-de-Vence, au musée Maght, pour l'exposition de Alberto Giacometti. Phénoménal.
Puis une visite instructive à Vallauris où se tient la Biennale de céramique contemporaine. Pays invité: Etats-Unis.
Je ne peux pas dire que j'y ai vu des choses qui me passionnèrent. La tendance contemporaine semble tendre à un amalgame de petites formes, formant une forme informe de formes , comme un banc de coraux, l'utilisation des chromos, qu'on appelle chez nous des décalques. En finalité, c'est beaucoup plus de l'art visuel conceptuel que de la céramique au terme puriste, la terre n'étant qu'un médium comme un autre. Ou bedon que je suis bouchée, ce qui est possible, car à l'illumination instantanée , nul n'est tenu. Maybe que l'idée même c'est de prendre un matériau autrement utilisé, de le dénaturer, de le travestir, de lui faire lire le texte d'un autre personnage. J'ai quand même souri quand j'ai vu le foetus de chien miniature ( argile) sur le coussin rose (tissu). Ou la licorne moulée, décalques et lustre d'or, encadrée avec des fleurs en plastique.

Ça ferait vachement prétentieux de dire que j'y ai déjà pensé de faire des montages comme ça, mais c'était tellement amusant, trop facile, cet assemblage premier degré d'éléments porteurs d'une symbolique entendue, mais je le dis: j'y avais pensé. Avoir su que c'était bon pour une biennale de céramique contemporaine, je ne serai pas debout la nuit à faire des insomnies sur le pourquoi du comment de mon expression artistique. En fait, ce qui me gêne je crois que c'est le manque de technique apparent. Suis peut-être coincée du cul la dessus, mais quand ça ressemble à ce qu'un enfant de cinquième un peu doué peut faire, ça me donne envie de me cogner la tête. Mais je dois être coincée. C'est ça. Ça ne peut être que cela.
Même Grayson Perry, un freak de première, considère que la technique céramique est une composante essentielle du métier et que le projet de fermer le département d'une université est pour lui une abhération . Faites comme moi, tapez son nom sur Gouggleu, et découvrez sa splendeur dans toute sa splendeur.



Bien que ce blog soit conçu pour parler de mon travail, je prends cette liberté de presse pour aussi raconter que les amis Aurélia , Samuel et Hélène m'ont accompagnée du matin au soir du 28 juillet dans le passage de l'âge de déraison. Et je les en remercie. Et, ma foi, je les aime.

vendredi 30 juillet 2010

Mi temps pour la cavalcade





Voilà maintenant dix jours que nous transportons notre plumard en Provence. J'avais ambitionné sur mes capacités à tenir un récit rigoureux de nos aventures. Hélas c'était sans compter sur ma paresse, les connections intershnout et autres aléas qui, finalement, me rappellent doucement que ce sont des vacances, et que à la structure nul n'est tenu.


Toutefois, je vous vais faire un mini résumé de la situation au front.

Ste Croix du Verdon, monument aux morts.

le19 juillet
Arrivées en un morceau à Aix, nous fûmes cueillites par le pote Jérôme, donc, et prîmes la route de Ste-Croix du Verdon. Une bière devant le lac majesteux, un jet lag qui s'oublie peu à peu.

Puis, en route vers Moustiers où nous perdîmes définitivement tout repère chronologique. La fin de la soirée est vaporeuse à mon esprit, aussi je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.



La suite s'avère moins croustillante: lézarder au soleil, dormir et manger.

Les 20 et 21 juillet

Jour de marché à Riez: pélérinage obligatoire dans ce bain culturel et gastronomique.

Nous sommes ensuite, quelque part dans cet espace spatio-temporel, allées nous promener dans les alentours. Notamment à Aiguines, un petit village en face de chez nous, de l'autre coté du lac. S'y trouve un château assez chouette, avec des tuiles de ceramique colorées, et un charmant mini cimetière avec plein de fleurs et de décos de stèles en céeramique. Du Capo di Monte funéraire! Et naturellement, en touristes fraîchement débarquées, on flippe sur la grosseur des plants de lavande. Et des cèdres et des platanes, de la chaleur et des fleurs, et de la chaleur.

Ze Château à Aiguines aux quatre tourelles
capo di monte funéraire
Puis, nous avons testé nos genoux dans la vertigineuse descente au Lac de Ste-Croix, en réservant notre chauffeur de quad pour la remontée. Car le père de Jérôme, René, est, en plus d'un paysan vintage, un fermier hors pair, le roi de la salade et un ado incorrigible. Chaque balade sur ce puissant moteur muni de roues lui procure une sensation de vive satisfaction, et il pense même en faire son nouveau métier après la retraite, question de se garder jeune et de reluquer de façon serviable les belles touristes qui s'aventurent dans le ravin.

Le soir nous mangeons, Jérôme, Rodrigue et nous deux, Thelma et Louise ( soft) dans le Jardin, à Moustiers, délectable et coûteux repas sous la tonnelle. La fin m'échappe un peu moins que le soir de notre arrivée, mais le reveil est plus brutal. Les digestifs, poire, prune ont cette fâcheuse habitude de rester en suspens.

le 23 juillet

C'est l'anniversaire de René, on mange l'aiolli le midi avec des Belges. Grande Poule trouve que le mec, originaire de Flandres, sort direct d'un épisode de Saturnin le canard : Bôônnjourrr monsieur le faktor!

Il faut dire que nous avons établi une règle très claire quand à nos activités: pas trop vite et une par jour. Il ne faut pas se brûler. Déjà que la petite poule se tiraille avec une sorte d'allergie urticante qui lui cause beaucoup de soucis. Les mois de bagne qui auront précédé notre cavale finiront par avoir raison de sa santé. Mais pas assez pour se priver du gigantesque plaisir d'assister à l'ultime représentation du Cirque CANCY, présenté à Riez.
Malheureusement, pas de tigres, de cavalerie, de singes et de caniches en vélo, pas d'ours en équilibre sur un verre d'eau.
Je pense que cette sortie vaut quelques descriptions. En fait on apprécie souvent post mortem ce genre de spectacle à grand déploiement.
En résumé il y avait dans la troupe 6 artistes:
1. le père, qui faisait office de MC, de dompteur d'animaux, dresseur de cheval, de bique et de lama cotonneux, d'acrobate et de comique,

2. le grand-père, du moins on le présume, au nombre de dents qui n'ornaient plus sa bouche, qui faisait un clown satisfaisant dans sa pocheté, le cheveu gras étalé sur le petit crâne, et un sketch avec une flûte qui me restera collé dans la mémoire.
3. la Madame, on ne sait pas encore si c'est la mère ou la tante ou bedon la soeur , mais elle était fantastique: elle changeait de costumes aussi vite que l'éclair, servait de porte-chaise, d'installeuse de tapis et préparation diverse de la scène, acrobate, trapéziste et bien sûr , meneuse de claque.
Son collant opaque couleur chair était rapiécé, ses muscles un peu mous ne l'assuraient pas nécéssairement d'une bonne maîtrise de la barre, mais sans blague les enfants, elle nous faisait le pont et se relevait et nous disait :Voilààààà!
C'était désolant de médiocrité.

4. les enfants: eh oui comme le veut la légende, tous les performers de la troupe sont d'une manière ou d'une autre liés par le sang. On pense à ce jour que les fillettes, 3 et 6 ans, sont issues d'une relation pas tout à fait réglo entre le dompteur souriant et la vendeuse de pop-corn. Tous avaient les mêmes yeux bleus, très beaux d'ailleurs. Les mioches nous ont servis quelques pas de danse, deux trois trucs d'acrobate avec le papa, du genre que je fais avec le mien, prendre les pieds, tirer et virer. Désolant, vous dis-je. Et le numéro de cerceaux à la taille, le hoola hoop, m'a brûlé les yeux.

5. la tata: de nulle part nous arrive une grande blonde aux yeux de famille qui nous fera un numéro d'équilibriste à couper le souffle. Debout sur un gros ballon, elle enfilera d'une rapidité fulgurante le cerceau, un tour de lasso en tournant sur elle même, la brassière bien en évidence sous le juste au corps élimé. Et sa copine qui avait...non sans farce j'arrête, personne ne me croira.
On se serait dit dans un mauvais film des années 50, pendant la guerre, où les acteurs du cirque auraient liquidé les animaux un à un, qui en sandwich, qui en brochette, qui en tapis.
Par bonheur on avait dégoté une amie qui avait une gamine, on a eu l'air moins con avec les 15 autres gniochons sous le chapiteau.

Manger à Puimoisson et dodo.














la suite viendra bien assez vite...