mardi 8 mai 2012
En mémoire
mercredi 25 avril 2012
de retour chez soi
Nous sommes partis à 11 exposer à Bandol au cours du Printemps des Potiers, manif très hip du sud de la France. J'ai envie de tout raconter l'aventure, mais elle rivalise avec l'Iliade en longueur. Comme j'y travaille depuis au moins trois ans, tout à coup, je me sens un peu vidée, lasse, sans projet, esseulée, inutile, avec mes trophées et mes claques dans le dos. En bref, une délégation québécoise fit office , magistrale, de pays invité à l'exposition au Centre culturel Ravaisou de Bandol. Pays invité. Déjà , juste avec ce mot je suis émue. Et de l'image du caribou, de Davy Croquette, des hivers blancs et interminables comme des mariages arrangés, on est apparus comme des bêtes de travail, ponctuels, organisés, fiables, créatifs, willings, bloods, toujours partants pour un apéro ou un déchargement. On ne se connaissait pas dans l'intimité, on a vécu un sur l'autre pendant deux semaines. Veillant les uns sur les autres, qui malade, qui perdu, qui packté, qui ému, qui diva, qui va là. J'ai connu des âmes fragiles mais si fortes, des portions généreuses d'humanité, un respect exponentiel de l'expression artistique, perso, authentique, primale. J,ai aimé voir mes collègues se mêler, entreprendre de nouvelles relations, ouvrir leurs fenêtres, tisser de longs manteaux avec d'autres qu'eux, j'ai adoré partager cette image que je voyais depuis 5 ans, sans explications enfin, je veux dire, quand je revenais, toute seule, de ces voyages expositoires, j'étais incapable de traduire ce que j'y trouvais. Maintenant 10 de plus le connaissent, ce sentiment d'implosion vertigineux qui nous prend quand on réalise qu'il y a quelque chose en dehors de nous qui nous attend et nous happera. Je suis tellement reconnaissante que j'en chialerais devant mon clavier, à toute l'équipe du Printemps, à mes collègues devenus famille, et à ceux qui ont cru au projet, Et à moi, à mon acharnement quasi canin , pour une fois, ça m'aura servi.
vendredi 2 mars 2012
mardi 31 janvier 2012
Interior design Show de Toronto IDS




Invitée par le Bureau d'exportation du Québec à Toronto, je suis allée présenter mon travail au IDS, International Design show. Une mission d'une dizaine de designers et artistes. Kino Guérin, Éric Tardif, Non-Useless, Lambert-Marcous, SixpointUn, Atelier des Cent ans. Une belle gang.
Beaucoup de monde, plus de 500 cartes d'affaires distribuées.
A la soirée d'ouverture, des talons vertigineux, des faux-ongles, des robes sexy et beaucoup de parfums de cash et de fleurs capiteux, et enfin, of course, du botox.
Ce qu'il y a de surprenant à Toronto, ce sont les communautés ethniques, qui ne le sont plus après deux ou trois générations. On parle d'unions mixtes, beaucoup de couples sino-caucasiens, avec des enfants tellements beaux, que je me dis que c'est la meilleure chose qui pouvait arriver à la société. On dirait que les groupes sont plus hermétiques chez nous.
Mopn travail a plu, des images ont été filmées pour une émission du matin à CTV, une entrevue radiophonique sur Radio-Canada le samedi matin, des rencontres avec des collègues qui pourraient faire des petits projets. Bref, du beau fun. Mais le béton, asti que c'est dur pour les gambettes. jeudi 15 décembre 2011
mercredi 7 septembre 2011
le Chat au Barroux.
J'avais écrit un beau texte que je pensais pouvoir seulement copier vu que mon accès au cyber espace est limité. En fin de compte, je mets les images. Ça résume mieux. C'est ma new maison. Petite mais à moi.
Le samedi 3 septembre on a fait une balade à la déchetterie. Épique.
Jean-Noel avait décidé de virer tout plein de merdes car cela l'encombrait. Et il avait ce jour là décidé d'abandonner l'idée d'être Artissss.
Moi je fais des beaux cacas subventionnés. J'aimerai bien avoir un déclic mais comme je lui ai dit, si sagement, on ne peut danser plus vite que le violon.
dimanche 21 août 2011
5 jours. Papillon.
Il n'ya pas de limite à nos rêves, sauf quand ils se mettent à vouloir se réaliser. Alors tout à coup on, je suis timide devant l'aboutissement de mon au-delà, comme quand on souhaite ardemment quelque chose et que cela se produit. La seule et unique raison pour laquelle j'avais embrassé ce métier de céramiste c'était pour y faire de la sculpture. Mon grand regret c'est de ne pas être née dans un environnement qui m'eût été favorable artistiquement: Rome ou Florence, ou même juste Valence. Barcelone, Paris, quelque chose où la sculpture et l'art de ne seraient pas des parements vides et stériles comme cette foutue révolution de l'art conceptuel, grosse merde institutionnalisée, de ces installations masturbatoires exigües, on se farcit la tête de mauvais clinquant, de fausse recherche, de pauvres remises en question. L'art est devenu individuel, ce qui est une tragédie, car il est là pour représenter une cosmogonie entendue par le groupe, pas une élucubration sans points ni virgule de quelques dandys provoquants. Quand, dans toutes les constructions qui se font autour de nous, avons-nous eu le plaisir et la joie de nous émerveiller devant quelque chose qui nous ressemble et nous assemble, au lieu de ces mauvaises places aux lampadaires dizang, de ces suspensions de papier fripé, de ces barbelés peints en rose pour nous leurrer dans notre propre prison.
Je suis enfin arrivée au bout de mon voyage; comme Ulysse, j'ai usé mon cul et des mains pendant plus de dix ans à tenter de rentrer chez moi, accusant chaque recul en silence, chaque écueuil comme une corde à mettre sur mon luth. Mais quand je serai là, dans mon village de l'amour, devant ma destinée, me reconnaîtra-t-elle? Saura-t-elle que je suis venue, pour elle, enfin, pour nous, qu'on se love et qu'on se déteste, je sais qu'elle me fera pleurer, que je douterai, que je regretterai, que j'avancerai malgré les tessons de verres qui me rompent les os, mais je m'allongerai tout de même à coté d'elle, en attendant qu'elle me souffle dans le creux de mon oreille que le temps n'y est pour rien, que l'illumination n'est pas une course, mais un but. Ma destinée, ah! est-elle trompeuse ou taquine? Que sait-elle de moi, ou moi d'elle? Je prends l'avion vendredi prochain, pour aller voir de quoi mes tripes sont vraiment composées, chez quelqu'un devant qui je dois rester solide, car les ogres sont partout, et ils dévorent sans discernement. Je pars pour un mois me mettre les pendules à l'heure. Je sais qu'en revenant, rien ne sera jamais plus pareil, du moins je le crois et je l'espère.
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