samedi 6 novembre 2010

Histoires dans mon coin de terre TOME II

Quand les anges se font femme et potière
Marie-Ange Samon et la porcelaine tissée.








Cette semaine chez Gaïa était présenté le travail de Marie-Ange, une collègue d'une rare gentillesse, qui m'a séduite et prise en amitié dans les 49 secondes de notre première rencontre, qui remonte à l'automne 1996, alors que fraîchement émoulue de cette école de céramique, je errais entre deux pains de terre, trois spirales, quelques cuissons au gaz, et un vif plaisir à combiner le tout.



Marie-Ange était un peu plus vieille potière que moi, bien qu'elle accumulait quelques années de supp, ayant bourlingué comme j'aurais aimé le faire, vécu au Maroc, en Irlande, en Espagne, en Grèce, ayant fait la tisserande pendant longtemps. Cette vilaine manie qu'elle a de tisser des liens, ah lallala j'aimerai bien savoir le faire. Moi qui ne suis que l'ombre désagréable de mon moi désagréable, je me demande encore comment elle fait. Partout où elle va, elle est de bonne compagnie, son rire est contagieux. Mais faudrait pas penser qu'elle est abêtie de bonheur, no non non sir no m'am, non non, car son physique d'asperge coupée en deux sur le long, pour ne pas dire squelettique, traduit sess perpétuelles angoisses. La fuite, le délit de fuite qui nous habite, les mal-aimés, les pustuleux de l'abandon, les pestiférés de l'attachement, elle l'a un peu encore. Mais à 58 piges, elle canalise vachement bien. Et ça passe dans ce travail quasi obsessif compulsif, minutieux et patient.
Mais étonnemment, le résultant est tellement calme et serein. Cent fois sur le métier elle a mis son ouvrage. Et a habillé notre espace. Et tissé autour de nos coeurs des petites laines de réconfort.
Merci Marie-Ange



1 commentaire:

É. a dit...

Splendidooo !